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Mardi 07 février 2012
23:37 - Ste Eugénie

Le marché de La Baule

A l’aube d’une nouvelle ère, la halle devient plus emblématique que jamais.


Le marché de La Baule, une véritable institution depuis bientôt 100 ans. Haut lieu de rencontres, aux couleurs et camaïeux de frais où les histoires des "pipeules" n’ont de cesse de s’inscrire dans le temps.
 
Au coeur de la ville, le bâtiment s’impose massivement au centre de la place depuis bientôt un siècle. Il abrite une cinquantaine de marchands dont quelques uns y sont installés depuis trois ou quatre générations. Haut lieu d’animation, c’est aussi l’endroit le plus coloré de la station, y compris les jours de pluie.

C’est ainsi que l’explosion écarlate des fraises rivalise avec les dégradés de vert des salades et autres haricots. Pendant ce temps, le camaïeu d’oranger des langoustines et arachnides des mers s’harmonise avec les scintillantes écailles des poissons. Les couleurs chaudes et automnales se font aussi la part belle sur les étales des savoureuses charcuteries et délicieux fromagers.

Autour de ce festival gustatif en polychromie, les marchands ambulants du pourtour et les magasins du quartier ne sont pas en reste.

Ajoutons à cela la relation humaine, le contact direct, le petit conseil qui va bien.

Nous sommes bien ici aux antipodes du face à face avec la tête de gondole d’une grande surface !

Le Rendez-vous des amis...

Le marché de La Baule c’est un des lieux les plus conviviaux de la Presqu’île, notamment le week-end. Que l’on soit stars, vacanciers ou locaux, peu importe. On s’y retrouve entre amis, en fin de matinée, devant un café ou un petit blanc avec des huîtres, selon l’envie…

Nouveau look en 2012

Les souvenirs restent gravés dans les mémoires mais les traces des années commencent à se faire sentir sur le bâtiment. Qu’importe, c’est flambant neuf qu’il fêtera ses 100 ans, une autre page s’ouvrira.

Les travaux doivent débuter dans un peu plus de 6 mois, en février 2011. Le nouveau marché couvert, lumineux et futuriste sera opérationnel en mai 2012, si tout se passe bien. L’édifice alliera tradition locale et matériaux contemporains.

La toiture sera rythmée par des pans d’ardoise, panneaux photovoltaïques et brise-soleil. Les façades seront composées de parements de teinte acajou et de verre associés à des murs végétaux. L’architecte Pornichétin Joël Gimbert promet une ambiance chaleureuse. Avenue du Marché, un large auvent "fédérateur" d’inspiration navale, identifiera l’entrée principale.

Aucune interruption de l’activité pendant la période des travaux. La commune a prévu d’installer les commerçants début février 2011, dans une halle transitoire à proximité, sur la dalle du parking souterrain de la place.

Un événement fort

Jean-François Bourse le président de l’Adim, l’association des commerçants du marché se réjouit de la perspective du rajeunissement de la halle. "Aujourd’hui nous proposons une diversité de produits unique dans la Presqu’île. Et pour répondre davantage à la demande de la nouvelle génération de consommateurs, nous souhaitons élargir notre gamme vers le tout-prêt, des plats préparés aux sandwiches. Un service de caviste paraît également nécessaire".

"La nouvelle halle est un événement fort qui correspond à une vraie nécessité", indique Gérald Bosio, président de l’association des commerçants du centreville. "C’est une vieille affaire qui se concrétise enfin. Vingt ans que j’argumente pour cette reconstruction", commente-t-il avant de glisser, "vous savez, ici on a un peu des gestations de pachydermes, mais il n’y a que le résultat qui compte".

A 65 ans, le pharmacien de la place du Marché possède une énergie débordante. Il est bien connu pour ne pas pratiquer la langue de bois.

Et quand on lui demande qu’estce qui fait courir Bosio ?

Il répond en pointant du doigt la petite plante posée sur son bureau : "Je suis un cactus. Une plante grasse. On peut faire beaucoup de choses avec, sauf de s’asseoir dessus !". Alors évidemment, "Qui s’y frotte, s’y pique !"
 
Bientôt 100 ans

L’histoire de la halle publique de la place du Marché a commencé le 4 décembre 1910, date de l’acquisition du terrain par la commune, après de multiples tractations.

En ce temps là, la station commence à se développer et les besoins des "baigneurs" aussi. Il y a donc urgence d’édifier un marché couvert. Le chantier débute en 1912. La livraison de la halle a lieu le 15 juillet 1913.

En 1927, la commune ajoute un pavillon dédié aux poissons. En 1930 deux autres seront construits, un pour les légumes et l’autre pour la boucherie-charcuterie.

Pendant la seconde guerre mondiale, l’activité continue tant bien que mal. Les marchands effectuent encore leurs allers-venus à cheval et en carriole.

Jean Huitric se souvient. "J’avais 13 ans. Les Allemands nous achetaient de la marchandise. Un jour une dame a pris la totalité de notre stock d’épinards, juste pour qu’il ne leur en reste plus !" Les maraîchers effectuaient de nombreux dons aux soeurs de l’orphelinat, installées à la Chapelle Sainte-Anne, dans le centre-ville.

Une trentaine d’années plus tard, le jeune Jean-Claude Lelièvre donnait souvent des coups de main à la poissonnerie familiale. "C’était une autre époque. On faisait nos additions sur les murs et emballions le poisson dans le papier journal". Dans son îlot, Françoise Sallé est fidèle au poste depuis 35 ans. Entre deux clientes, elle évoque ses plus belles années au marché. "C’était entre 1980 et 1990. Les clients se bousculaient". Elle se remémore aussi la grande fête organisée en juin 1987, autour du thème Les nourritures terrestres. "Les commerçants avaient réalisé des décors somptueux d’un autre monde, c’était magnifique".

"Les pipeuls venaient très régulièrement au marché." Elle montre juste à sa gauche, la plaque émaillée de l’allée Etienne Collaro. "Le père de Stéphane était un consommateur fidèle et éclairé, un excellent cuisinier".
 

Les marchés à La Baule centre avant le marché couvert de La Baule

Le marché dans le bois des Aulnes (1888-1909)

A La Baule-centre, un marché est créé en 1888, comme à Pornichet. Il se tient vendredi dans le bois des Aulnes. Jusqu’en 1909 (voir plus bas).

Un autre marché avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny (1908)

Puis, le 26 juillet 1908, le Conseil municipal autorise André Pavie à en organiser un autre le lundi et le mardi sur un terrain de la Compagnie foncière, en bordure de la route du Pouliguen (avenue de-Lattre).

En 1909, avec celui du Guézy, il y avait donc trois marchés pour les Baulois.

Le Bois des Aulnes interdit au marché en 1909

Edouard Darlu écrit au maire pour lui dire qu’il s’oppose désormais à ce que le bois des Aulnes* serve de marché.

(*L’association syndicale des propriétaires de La Baule centrale en était propriétaire depuis la convention avec la Société anonyme de La Baule du 26 décembre 1902.)

L’idée d’une halle était déjà en marche, et cette interdiction avait été certainement lancée pour accélérer les événements. Aussi, le 12 juin 1909, le Conseil municipal décide que les trois marchés baulois auront à se tenir sur la place de la Chapelle.

Le marché de la place de la chapelle - Place du Maréchal-Leclerc - jusqu’en 1912

Avec le développement de La Baule, la place de la chapelle se montre trop exiguë. Elle servait d’emplacement à quelques marchands dont l’assortiment insuffisant déterminait de nombreuses doléances de la part des baigneurs.

Ce marché n’était pas régulier et la Commune ne percevait même pas de redevances. Pour attirer les vendeurs, il importait donc que les commerçants trouvèrent d’abord un abri pour conserver leurs marchandises, et qu’ils fussent en assez grand nombre pour permettre aux habitants de s’approvisionner à des prix que seule la concurrence pouvait leur procurer.

Tout La Baule devient convaincu de l’urgente nécessité d’édifier un marché couvert.

 

Le marché couvert de La Baule

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Une oeuvre de l’architecte Georges Lafont (1912)

Le 2 février 1909, le Conseil municipal avait nommé une commission pour l’installation du futur marché. Le 28 mars suivant, il demande le terrain du marché au Président Baillergeau de la Société des dunes, moyennant un prix sacrifié étant donné l’utilité publique du projet. Celui- ci d’abord refuse tout net, prétextant que les propriétaires des chalets voisins auraient à se plaindre sans arrêt des bruits matinaux et des odeurs.

Années 10 {GIF}La Commune obtient le terrain grâce à Georges Lafont (1911)

La Société des dunes était propriétaire de la voirie de ses lotissements. Son entretien lui coûtait très cher, en particulier le chemin du Bois d’Amour qui était devenu très passager. La Société avait demandé qu’il fût classé chemin vicinal, mais les travaux de sa remise en état, d’un montant de huit mille francs, devaient être réalisés avant son intégration dans le domaine public communal. De son côté, la Commune avait besoin de l’autorisation de la Société pour faire passer sur son territoire les canalisations du service des eaux de La Baule. Il y a finalement cet accord que le Conseil municipal accepte le 4 décembre 1910, aux termes duquel :
  • la Société des dunes fait don à la Commune du terrain du marché et permet la pose des canalisations du service des eaux ;
  • et la Commune, en retour, prend à sa charge la réfection du chemin du Bois d’Amour avant son intégration dans la vicinalité.
La Commune finance les travaux du chemin du Bois d’Amour par un emprunt de huit mille francs. Et c’est à ce prix que la commune devient propriétaire du terrain du marché, trois mille mètres carrés d’une valeur de douze mille francs.
 
Georges Lafont désigné architecte du marché couvert de La Baule (1911)

Après la signature de l’acte le 4 avril 1911, il ne restait plus qu’à réaliser le marché couvert.
 
Trois projets de halles sont déposés : le projet Durupt, le projet Charve, et le projet Lafont.
 
Jules Durupt était cet ingénieur de l’Ecole centrale, spécialiste de constructions métalliques, collaborateur de Gustave Eiffel, et bricoleur de génie, qui avait réalisé cette construction reconnaissable entre toutes, l’Abri Andécavit de l’avenue Baguenaud.
 
Mais ni son projet ni celui de l’ingénieur Charve ne sont retenus, car le 3 décembre 1911, le Conseil municipal adopte le projet de l’architecte Georges Lafont.

Les travaux de construction du marché couvert (1912)

Les travaux réalisés en 1912 par les entreprises Huchet (nivellement et empierrement), Trébuchet (construction métallique), Auvrelle (maçonnerie), Guillouzo (charpente, menuiserie), David (serrurerie), Clou (peinture, vitrerie) sont reçus définitivement le 15 juillet 1913.
 
Pour l’exploitation du marché, le Conseil municipal décide le 21 avril 1912 de donner à un adjudicataire la concession des droits de place. L’adjudication du 1er juillet 1912 désigne le concessionnaire, Louis Mandon. Le marché couvert sera exploité par le même concessionnaire jusqu’en 1925, et en régie directe ensuite.
 
Années 30 {GIF}Les pavillons à partir de 1927...
 
La Commune effectue des travaux par la suite :
  • elle ajoute à la halle, en 1927, le pavillon aux poissons construit sur les plans de l’architecte Datessen ;
  • en 1930, elle ajoute le pavillon aux légumes et celui de la boucherie-charcuterie, sur les plans du même architecte ;
  • puis, viens l’installation de la clôture en 1983.
Une allée du marché couvert rend hommage au très estimé Baulois E tienne Collaro (1921-1996) qui fut un homme de goût.

Gros travaux d’urbanisme à l’aube de l’an 2000 : les alentours du marché baulois sont radicalement transformés.
 
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Dans le cadre de la rénovation de l’ensemble du centre-ville, le marché couvert baulois bénéficie d’un environnement complètement transformé.
 
Des villas vétustes laissent la place à des immeubles.
 
Le marché baulois né en 1911 rend l’allure d’un monument historique savamment mis en valeur par :
  • une nouvelle voirie, les avenues des Ibis, du Marché et de Noirmoutier embellies ;
  • un espace-forum baptisé « la terrasse des gourmets » composé de l’avenue de Noirmoutier et de la place du marché ;
  • un parking souterrain de 126 places et 54 en surface.
Les travaux auront duré deux ans de chantier, et coûté quelques 52 000 000 francs.
 
Samedi 7 juillet 2001, le « nouveau marché » baulois est inauguré avec fierté par Yves Métaireau, maire, son conseil, François Fillon, président du Conseil régional, André Trillard, président du Conseil général, Guy Lemaire, sénateur et vice-président du Conseil général.
 
Quelques mots...
 
Sur l’architecte Georges Lafont, né à Nantes en son domicile rue de Rosière le 23 juin 1924.
 
Il crée la société artistique "le Clou" et est l’animateur des fêtes nantaises de l’époque ("La Mouette", 29 juin 1924). 
 
Il a réalisé, en plus des plans des quartiers des arbres et des oiseaux, ceux de la villa Ker Maurice, de sa propre maison le Symbole (avenues Pierre-Percée et Maréchal-Foch).
 
On l’a qualifié de "fondateur de la station balnéaire de La Baule".
 
Ils sont sur le marché de La Baule :
 

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Il y a 1 commentaire sur cet article.

Commentaire laissé par JUTON VINCENT le 04-09-2010

BONJOUR
J\’ai habité 21 ans au marché (avenue des ibis) mes parents tenaient une boucherie face aux halls.
Que de bon souvenirs d\’enfance ; foot ball derrière le marché sur la place avec la fontaine ; cache-cache ; balle au prisonnier sous les halls avec tous les copains et copines du marché ; courses de patins à roulettes le lundi de la pentecôte.
Je me rappel des quinzaines commerciales ; les manifestations des commerçants du marché au printemps.

JUTON VINCENT



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